vendredi 11 juillet 2014

Notre sortie du 28 juin 2014

Au gré de la vallée de la Soude, découverte des églises de Dommartin-Lettrée, de Bussy-Lettrée et de la chapelle de Lettrée
Le nom Lettrée, commun aux trois sites visités, tire son origine  de la voie romaine qui reliait Châlons à Troyes. En latin la voie romaine se disait via strata, voie empierrée, ce qui a donné en vieux français l'étrée. De nombreux noms de villages reprennent  ce terme sous différentes formes.

Jean Fusier nous attendait dans l'église de Dommartin-Lettrée. Nicole Collard accueillit notre groupe avec gentillesse et prévenance. La petite pluie fine qui tombait et le passage d'un gros avion
au-dessus de l'église ne nous ont même pas découragés...

La clarté de l'église est surprenante, ainsi que l'ampleur de ses volumes. Sa construction débuta au début du XVIe siècle pour se terminer vers 1560. Les architectes de la Renaissance ont eu l'intelligence de conserver les colonnettes d'angle du chevet en témoignage de l'édifice précédent datant du XIIIe siècle..
Son unité n'est qu'apparente puisque l'église fut construite en deux phases.
Vers 1500 l'on construisit le choeur et le transept proche de celui-ci dans le style flamboyant de l'époque.
Quant au second transept, la nef et la façade ont été construites entre 1550 et 1560 dans le style Renaissance.
L'on admirera, à l'extérieur, la rangée de pignons triangulaires qui donne à l'église Saint-Martin son allure majestueuse. Deux portails Renaissance s'ouvrent sur l'extérieur dont celui du sud abrité sous un porche. Dans l'unique voussure de son tympan sont représentés les douze apôtres groupés deux par deux. Les iconoclastes de la révolution française ont eu le bon goût d'épargner quelques symboles pour pouvoir aujourd'hui identifier certains d'entre eux : St André avec la croix, St Thomas avec une équerre, St Simon avec une scie, St Mathieu avec une hallebarde et une bourse, St Jacques le Mineur avec un bâton de pélerin et St Paul avec une épée.
Rentrons de nouveau dans l'église Saint-Martin : Tel un écrin elle contient quatre magnifiques statues : un christ en croix émouvant et une très belle vierge à l'enfant datant de l'an 1500, Saint-Martin, statue mutilée du XVIe siècle mais d'une très grande qualité et une très élégante et jolie Sainte-Marguerite sculptée vers 1500.
Saint-Martin, patron de l'église, était le fils d'un haut dignitaire militaire romain. Il naquit, en 316, en Hongrie, et se convertit très tôt au christianisme. Il embrassa la carrière militaire pour ne pas déplaire à son père et fut muté en Gaule pour sa parfaite connaissance de la région et de ses habitants. Il est dit qu'au cours d'une terrible nuit d'hiver il partagea son manteau avec un indigent, du moins sa doublure. Peu de temps après, le Christ lui serait apparu vêtu d'une partie de son manteau. Le glaive, fabriqué pour donner la mort, devint par ce geste de partage un objet de rédemption. Ermite ensuite, il devint évêque de la ville de Tours à son corps défendant, puisqu'il fut enlevé par les habitants et placé sur le trône épiscopal.
Quant à Sainte-Marguerite, elle était la fille d'un prêtre latin païen et, comme Martin, elle se convertit très tôt à la nouvelle religion. Son père, de colère, l'a mise à la porte et elle devint bergère dans la province d'Antioche où sévissait le bien nommé Olibrius.Le gouverneur romain de cette province, trouvant la demoiselle fort à son goût, la demanda, à plusieurs reprises, en mariage, et bien évidemment elle refusa ses avances.
De colère, il la fit emprisonner et lui fit subir une véritable passion dont celle d'être avalée vive par un dragon. Grâce à la croix qu'elle portait au cou, elle put ouvrir le ventre le la bête et en sortir indemne. C'est cet épisode qui est relaté, où l'on voit la jeune fille très élégante et jolie piétiner le dragon stupéfait de sa déconvenue. Elle est vêtue comme une jeune fille de qualité durant la Renaissance et elle porte une coiffe très distinguée. Sainte-Marguerite était vénérée par les femmes enceintes. Chercher pourquoi...

Reprenons la route en direction de la chapelle de Lettrée.
Cette chapelle de Lettrée date du XIIe siècle mais elle a été amputée de ses bas-côtés qui se dégradaient. L'on voit d'ailleurs de l'extérieur les arcatures restantes qui menaient aux bas-côtés. L"église diminuée suffisait amplement pour les vingt-cinq paroissiens fréquentant la chapelle.
Campée sur son petit promontoire, et entourée de son petit cimetière, elle paraît simple et un peu esseulée, mais une fois le seuil, franchi par la petite porte du bas-côté, l'espace est émouvant et le temps a dû s'arrêter longuement ici. L'intimité de ces lieux doit être ressentie par les visiteurs ayant la chance de visiter cette chapelle romane.

Une vierge à l'enfant datant du XIVe siècle, la plus ancienne statue médiévale de Champagne-Ardenne, est très touchante. Elle tient l'enfant debout sur sa cuisse gauche. Leurs regards se croisent et, ainsi, augmentent l'émotion de cette oeuvre archaïque au bon sens du terme, bien entendu.
Jeanne d'Arc aurait prié dans ce lieu avant de recevoir symboliquement les clés de la ville de Châlons, pour ensuite poursuivre le périple que l'on connaît .


Dernière étape de notre après-midi : L'église de Bussy-Lettrée à quelques lieues de la chapelle.
Cet édifice construit au cours des XIIe, XIVe, et XVIe siècles est très élégant. C'est la seule église halle à chevet plat de la région.
Elle est ornée à l'extérieur de deux portails : le portail ouest inclus dans cette belle façade romane, simple et harmonieuse à la fois, et le portail nord qui date du XVIe siècle avec un décor Renaissance.
L'architecture précédente n'est pas oubliée dans cette composition Renaissance. Grandes verrières, voûtes d'ogives et voussures sont encore existantes.
Ce portail est protégé par un porche.
Ce décor Renaissance s'inspire des ordres antiques et les grotesques, très en vogue, colonisent les portails de cette époque.
 
 

A la fin du XVe siècle, un jeune romain tomba dans un trou et s'écroula dans une sorte de grotte couverte de peintures étranges. D'où ce terme grotesques dérivé de grottes. En réalité ce jeune intrépide était tombé dans une des nombreuses salles qui composaient l'antique palais impérial de Néron, appelé La Maison Dorée. D'autres maisons patriciennes, ornées de peintures surprenantes, furent découvertes à l'époque et assimilées à des grottes, puisque enterrées.
Comme ceux de l'église de Dommartin-Lettrée, le portail et le porche sont habités de ces êtres hybrides, mi-hommes, mi-végétaux semblant se métamorphoser.
A noter qu'un des chapiteaux du portail du XIIe siècle est sculpté d'un être semblable à ces grotesques Renaissance. Un visionnaire notre sculpteur roman...
Sur le porche nord, le monogramme de Diane de Poitiers et d'Henri II est gravé en souvenir de leur passage incertain à Bussy... ou de l'amour que vouait son peuple au roi de France.

Entrons à l'intérieur . Nous sommes immédiatement surpris par l'espace et la lumière du lieu. Une certaine majesté se dégage de ces gros piliers et de ces voûtes richement sculptées et appareillées de nervures élégantes. Les clés de ces coûtes sont également richement décorées.
                                                                              
Les quelques chapiteaux existants décorent simplement, puisque aucune voûte ne repose sur eux, les arcs formerets s'encastrant directement dans le mur ou les piles.

Un magnifique retable en pierre meuble le chevet. Le Calvaire occupe le centre de l'oeuvre, à sa gauche est Le Portement de Croix et, à sa droite, la Résurrection. Une oeuvre admirable du XVIe siècle avec une perspective donnée par l'absence de remplissage des côtés du retable.

Des vitraux de qualité du XVIe siècle illuminent cet écrin et de remarquables oeuvres sculptées occupent l'espace : plusieurs vierges à l'enfant, un Saint-Sébastien et un personnage tenant un livre et une grappe de raisins, peut-être Saint-Vincent.

Monsieur Pierre Poupart, le maire de la commune, a pris la parole en cette fin de journée afin de nous expliquer les travaux de restauration de l'église.
L'édifice était fragilisé en soubassement car construit sur du remblai. Des travaux de soutènement ont été effectués, grâce à la volonté de l'équipe municipale et des habitants, afin de préserver ce joyau des affres du temps. Des interventions futures sont d'ailleurs programmées par le conseil municipal. Des carrotages et une grille dans le choeur sont prévus pour favoriser une meilleure aération de l'église.
Un grand merci à Monsieur Poupart pour son accueil chaleureux.
 

Vers 18h 00, nous avons pris congé de notre guide, Monsieur Jean Fusier, qui, avec sa verve et son érudition, a su nous passionner tout au long de cet après-midi.
A très bientôt pour d'autres aventures.
Très cordialement et merci à tous pour votre présence.

CL

Photographies : Michèle  Jacquet, Claude Lafauche et Alain Seurat.
 

samedi 7 juin 2014

Nuit des Cathédrales 2014

Temps pluvieux mais soirée radieuse que celle de la Nuit des Cathédrales 2014 en la cathédrale Saint-Etienne ce samedi 10 mai dernier.
773 auditeurs ont assisté aux différentes conférences et temps musicaux.
En 2008 seules trois cathédrales avaient participé à la première Nuit des Cathédrales.
Cette année ce ne sont pas moins de trente cathédrales qui ont ouvert leurs portes ce samedi du nord au sud et de l'est à l'ouest du pays.
Les cathédrales participantes cette année : Agen, Arras, Auxerre, Bayeux, Besançon, Boulogne-sur-Mer, Châlons-en-Champagne, Dijon, Embrun, Langres, Lille, Luçon, Luxembourg, Meaux, Montpellier, Nancy, Nevers, Périgueux, Poitiers, Reims, Rennes, Saint-Denis, Saint-Dié-des-Vosges, Saint-Omer, Sées, Strasbourg, Toul, Troyes, Verdun et Viviers.

Les moments musicaux ont été animés par la Société Chorale dirigée par Alain Boulant qui nous a ravis en chantant la petite messe solennelle de Gioachino Rossini, le trio Violutano dirigé par Dominique Delettre au piano accompagnée par Marie-Agnès Gillain au violoncelle et Leïla Delettre à la flûte traversière. Elles ont interprété avec talent et sensibilité des oeuvres de Dominique Delettre et la Chorale Courant's d'air's dirigée par Frède Beauchamps qui nous a chanté un répertoire très international avec grand brio.
Le grand orgue a retenti grâce aux trois organistes présents : Elodie Marchal, titulaire de l'instrument, Raphaël de Pompignan et Vincent Thuillier. Des compositions de Léon Boellmann, de Louis Vierne, Johan Pachelbel et de Jean-Sébastien Bach ont retenti sous les voûtes séculaires pour le plus grand plaisir des auditeurs présents.

Entre ces intermèdes musicaux des conférences étaient proposées aux nombreuses personnes présentes.

Jean Fusier nous a proposé une conférence inédite ' les enfants de choeur de la cathédrale de Châlons au XVIIIème siècle '. 
Tel un chroniqueur judiciaire il nous a narré un cambriolage, aux dépens des enfants de choeur, dans l'enclos cathédral en maintenant un suspens insoutenable.
Jacques Wersinger nous a présenté la très belle cuve baptismale romane en pierre dite de Tournai.
Chance inouïe de la découvrir aujourd'hui car elle fut fracassée lors de l'incendie de 1668, ses morceaux ramassés et remployés dans la nouvelle construction. Retrouvée ensuite, restaurée, Monseigneur Gilbert LOUIS a eu la belle idée de la présenter dans son écrin actuel.
Un grand moment de spiritualité avec la présentation de Don Régis Maurel et de la Schola de la communauté Saint-Martin de la conférence sur la découverte du chant grégorien. Chants et textes alternaient avec bonheur.
Sylvain Mikus, notre président, nous a présenté, avec une grande précision, la famille Compagnon composée de musiciens au service de la cathédrale et du diocèse de Châlons aux XIXème et XXème siècles.
Bravo Monsieur le Président.
Catherine Cailloux a su nous passionner en nous présentant la crypte de la cathédrale et ses différentes étapes de restauration.
Des visites non-stop très documentées de la crypte ont été assurées par Elisabeth Schultz de 18h30 à
20h30.

Les deux moments de recueillement furent également très suivis à savoir les offices de Vêpres et Vigiles.

Un immense merci à tous les intervenants, qui, grâce à leur talent et leur disponibilité, ont su animer cette soirée exceptionnelle.
Notre gratitude toute particulière aux bénévoles et en particulier aux dame de l'accueil qui ont su recevoir nos visiteurs avec gentillesse et courtoisie.
Et, bien entendu, mille mercis à nos visiteurs qui par leur présence nous encouragent et nous soutiennent.

A l'année prochaine.
Très cordialement.

Claude Lafauche

dimanche 27 avril 2014

Merci à nos amis de Saint-Amand

 Quel bel après-midi que celui du samedi 12 avril dernier passé à Saint-Amand-sur-Fion !

L'accueil délicieux de nos amis de l'Association ' Promouvoir Saint-Amand et la vallée du Fion ' n'a eu d'égal que le temps printanier qui régnait durant ces heures de découvertes.


Jean-Baptiste Renault a conté  avec passion l'histoire de Saint-Amand aux nombreux auditeurs présents dans la bibliothèque.

Attention soutenue
Monique Fuinel nous a fait découvrir l'église et ses différentes phases de construction.


Les propriétaires du Moulin de la Commanderie nous ont ouvert avec gentillesse les portes de leur magnifique propriété.
le moulin du temps
                                                                   
reflets

En fin de journée nous nous sommes retrouvés à la bibliothèque pour une collation bien appréciée en présence de Monsieur le Maire. Gâteaux et tartes maison ont été vite dégustés.

Un très beau succès pour ces rencontres. A renouveler.

Encore mille mercis à nos hôtes et aux nombreux participants.
A très bientôt et bien amicalement.

CL
Photos de C.L et M.J


dimanche 23 mars 2014

Un bel après-midi à Saint-Amand-sur-Fion

Chers amis,
 
Vite à vos agendas.
 
 Les Amis de la Cathédrale de Châlons-en-Champagne vous invitent à partager un après-midi de conférence et de visites à Saint-Amand-sur-Fion le samedi 12 avril 2014.
 
Votre programme ci-dessous :
 
14h45   Rendez-vous à la bibliothèque, à côté de la mairie de Saint-Amand-sur-Fion.
             Accueil par l'association PROMOUVOIR SAINT-AMAND ET LA VALLEE DU FION.
15h00  Saint-Amand au Moyen-Age.
            Une seigneurie du chapitre cathédrale de Châlons.
            Conférence de Jean-Baptiste Renault, ingénieur d'études, Université Lorraine.
            Quelles sont les origines de Saint-Amand ?
            Pourquoi les chanoines de la cathédrale de Châlons y étaient-ils si attachés ?
            Pourquoi avoir construit une église d'une telle importance ?
           Et bien d'autres questions auxquelles notre conférencier s'efforcera de répondre.
 
16h00  Visite de l'église de Saint-Amand sous la conduite de Monique Fuinel, présidente
            de l'association Promouvoir Saint-Amand et la Vallée du Fion
 
16h45 Découverte du moulin de la Commanderie avec l'aimable autorisation de ses propriétaires.
           Ce moulin possède encore ses engrenages et sa roue.
 
17h30 Retour à la bibliothèque pour un moment de convivialité offert par nos hôtes.
 
18H00 Fin du programme et retour vers Châlons.
 
Notre sortie est gratuite et ouverte à tous.
De très riches moments en perspective.
Il est nécessaire de s'inscrire et de préciser si vous disposez d'une voiture ou non. Dans le souci d'organiser un covoiturage merci de nous préciser le nombre de places disponibles dans votre véhicule. A votre convenance bien entendu.
 
Téléphone secrétariat : 06 78 18 65 90
 
En tout début de semaine prochaine vous découvrirez sur ce blog les autres manifestations que nous préparons à votre intention.
 
A très bientôt et très cordialement.        
 
CL

 


Photo : MJ

jeudi 13 février 2014

Un bel après-midi à la cathédrale Saint-Etienne

C'est vers 15h30 que nous avons accueilli l'association Promouvoir Saint-Amand, les Amis de Saint-Amand et nos adhérents. Environ quarante personnes étaient présentes.


Jean FUSIER nous a conté l'histoire de la cathédrale Saint-Etienne de ses origines à nos jours.

Saint-Memmie, premier évêque de la cité de Durocatalaunum dans la Gaule Belgique, fit élever la première cathédrale au IVème siècle. L'emplacement actuel serait le site d'origine. Peut-être, comme nous l'indique Michel Chossenot dans un article que nous publierons dans notre prochain bulletin, a-t-elle remplacé un casernement de cavaliers dalmates. Ce détachement composé de cinq cents hommes participait à une défense mobile des régions conquises par les troupes romaines. Ces soldats appartenaient à la Vème légion dalmate venant de Dalmatie, actuelle Croatie.

Sa position était centrale à cette époque ce qui n'est plus le cas aujourd'hui car la ville durant les siècles suivants s'est étendue vers l'est.

Les traces les plus anciennes datent du début du XIIème siècle. Guillaume de Champeaux fit élever une grande cathédrale romane qui avait les mêmes proportions que notre cathédrale actuelle. Guillaume, avant sa nomination comme évêque de Châlons, fut grand écolâtre à Notre-Dame-de-Paris et considéré par ses contemporains comme le plus grand penseur de son temps. La crypte et la tour nord de la cathédrale sont les seuls vestiges de cette grande cathédrale romane. Car en 1230 un terrible incendie détruisit en grande partie la cathédrale. 


La ville, au XIIIème siècle, est une ville très prospère grâce notamment à sa production de draps en lainage finement tissé exportée dans une partie du bassin méditerranéen. C'était une ville qu'on appelait alors drapante.

Le chapitre cathédral décida de réunir des fonds avec l'aide de la fabrique pour la construction d'un nouvel édifice gothique et à partir de 1240 le gothique rayonnant fit de notre cathédrale un écrin de lumière comme nous avons pu le constater en fin d'après-midi au-dessus du grand orgue. Malgré le temps maussade, la nef de l'édifice rayonnait d'un halo d'une pâleur laiteuse sur le bel instrument. 

Le gothique rayonnant donne la part belle aux verrières et la construction de pierre n'est plus que le support des vitraux. Admirables témoignages dans la cathédrale de cette époque que sont le bras nord du transept et la nef.

 

La construction s'acheva en 1634 avec un portail monumental délaissant le style gothique pour adopter le style classique.

En 1668 la foudre provoqua un incendie dans la charpente de la tour nord romane qui s'écroula sur la voûte du chœur qui elle aussi tomba à terre. Reconstruction dans l'année de cette voûte d'ogives très éloignée de la voûte d'origine. Et très bien datée car la date de 1668 apparaît en chiffres très lisibles.

Après cette présentation passionnante notre groupe fut scindé en deux.

Sylvain MIKUS commença sa communication sur le grand orgue, près de celui-ci, et relayé par un micro HF, ce qui permit aux quinze personnes restées dans la nef de l'entendre distinctement. Sylvain connaît bien cet instrument car il a participé à sa restauration par ses recherches et ses analyses historiques préalables.


Cet orgue date de 1849 et a une sonorité unique sans équivalent en France. Il est l'œuvre du facteur d'orgue John Abbey et de ses fils. Sylvain a su nous passionner par ses explications sur la complexité de cet orgue symphonique exceptionnel. Sa sonorité ne peut être comparée à aucune autre. Doté d'un tirage de jeux assisté pneumatiquement et d'une alimentation à pressions multiples très sophistiquée, l'orgue intègre une quantité exceptionnelle de pièces d'étanchéité en peau d'agneau d'où sa relative fragilité. Crevaisons et fuites.

A l'issue de son intervention Sylvain nous a enchantés d'un morceau d'orgue qui a révélé son grand talent d'organiste.

L'autre groupe se trouvait dans la salle du trésor de la cathédrale, accompagné par Monsieur Jean FUSIER. Cette salle basse de la tour romane du XIIème siècle était en réalité une chapelle dédiée à l'apôtre Barthelémy. Au sol, dans un encadrement, l'on peut voir une partie du pavage originel joliment appareillée en pierres de trois couleurs. Ces vestiges sont exceptionnels au même titre que la voûte d'ogives qui est la première exécutée en Champagne à partir de 1130. Elle ne possède pas de clef et ses extrémités reposent directement dans la maçonnerie et non pas sur un chapiteau ou une colonnette engagée. Que dire enfin de ces trois verrières présentes dans ce lieu.
 
La verrière de la Crucifixion est l'un des plus anciens vitraux de notre pays. Sa composition est d'une infinie richesse et le maître verrier d'un grand talent. Cette œuvre se trouvait dans l'axe du chœur de la cathédrale romane et donc destinée aux chanoines. Le commun des mortels de l'époque aurait eu beaucoup de difficultés à en appréhender le programme !

Les couleurs rouge et verte particulièrement chaudes sont très symboliques. Le rouge, couleur du sang, le vert de la croix, couleur de l'arbre de vie... Jean FUSIER nous a tout expliqué.

                                                                                                  Photos Michèle Jacquet

Après ces délicieux moments de découvertes, nous nous sommes tous retrouvés dans la sacristie pour y boire un café ou un thé. Boissons chaudes bienvenues pour nous réchauffer. Nous avons eu le plaisir d'accueillir chez lui Monseigneur Gilbert LOUIS accompagné de Monseigneur l'évêque de Pontoise.

Vraiment un bien bel après-midi. Merci à tous, intervenants et participants pour le succès de cette manifestation.

A très bientôt.

Claude Lafauche





mercredi 8 janvier 2014

 
L'ORGUE 
DE 
MADAME RECAMIER
A LA CATHEDRALE 
DE CHALONS 

Exilée sur l'ordre de l'Empereur Napoléon, Madame Récamier passe l'hiver 1811-1812 à Châlons-en-Champagne. 
Pour celle qui est considérée comme l'une des femmes les plus influentes et les plus brillantes de son temps, ce séjour forcé est d'un ennui terrible, jusqu'au jour où elle fait la connaissance de l'organiste Jean-Baptiste Charbonnier, grâce auquel elle pourra s'adonner à la musique sur l'orgue de la cathédrale.
A quoi ressemblait cet orgue ? Quelle est son histoire ?En reste-t-il quelque chose ?

     Une conférence qui exploite pour la première fois de façon systématique des archives jusqu'à présent inédites.

Rendez-vous vous est donné par les  
AMIS DE LA CATHEDRALE 
DE CHALONS-EN-CHAMPAGNE
 samedi 18 janvier 2014 à 18 h 00
à la salle de conférences de Malte
7, rue du Lycée à Châlons-en-Champagne
Intervenant : Sylvain MIKUS
 

mercredi 1 janvier 2014

Les stalles de la cathédrale St Etienne

Le dimanche 13 octobre 2013, notre Président nous a présenté la construction des stalles de notre cathédrale . Pour consulter le document relatif à cette conférence, veuillez cliquer ici.

jeudi 10 octobre 2013

Notre sortie à Metz du 5 octobre dernier.

Pluie du matin n'effraie pas le pèlerin.

Ce dicton est très juste puisque les 46 personnes inscrites étaient présentes, dès potron-jacquet, au départ du car.

Quant au deuxième dicton, Pluie du matin passe son chemin, nous pouvons en douter car la pluie messine nous a accompagnés toute la journée. Du soleil, que nenni.

La lumière, nous l'avons trouvée dans les commentaires éclairés et érudits de Madame Kuhn, historienne de l'art, qui a eu l'extrême gentillesse de nous présenter ou de nous suggérer le monde imaginaire, insolite et inattendu présent dans les vitraux conçus par Jean Cocteau dans l'église paroissiale de Saint-Maximin. Cette église, un peu atypique, conserve un curieux mélange de styles : roman pour le chœur et la croisée du transept et gothique pour la nef du XVème siècle à six travées sur deux niveaux d'élévation.




 

En fin de matinée, après une vingtaine de minutes de marche, nous avons tous été ravis de nous retrouver au sec au restaurant. A l'issue d'un déjeuner convivial, nous sommes sortis sans oublier notre accessoire indispensable du jour à savoir le parapluie...

Se dresse devant nous la majestueuse cathédrale de Metz toute dorée par la pierre de Jaumont qui constitue son appareil et son unité presque parfaite malgré l'absorption d'une collégiale toute voisine en 1240, Notre-Dame-la-Ronde.

Cette châsse lumineuse est le monument le plus visité de Lorraine pour son architecture gothique, bien entendu, mais aussi pour ses vitraux modernes et anciens. 6500 mètres carrés de verrières éclairent ce vaisseau de lumière.


 

Monsieur le Chanoine Robert Féry nous a présenté avec passion les verrières imaginées par Marc Chagall. Les vitraux à dominante jaune, bleue, verte ou rouge sont de remarquables représentations de personnages de l'Ancien Testament. Adam et Eve, Abraham et Isaac, Moïse présentant les tables de la Loi, David et Jérémie occupent avec bonheur et une grande spiritualité ces "puits de lumière" que constituent les baies du transept et du déambulatoire. Marc Chagall a d'ailleurs illustré L'Ancien Testament et en particulier La Genèse, L'Exode et Le Cantique des Cantiques.
 
 
 
 

Monsieur le Chanoine Gabriel Normand et Alain Villes nous ont ravis par leurs récits précis et pleins d'humour sur l'histoire de ce monument et ses différentes phases de construction. Un grand merci à ces deux hommes passionnés et passionnants.

Afin de se conformer au modèle français, l'architecte Pierre Perrat fut chargé, vers 1360-1370, d'ériger les parties hautes de la nef. Il avait l'habitude, disait-on, de tracer sur le sable les ébauches de ses études. Une légende raconte que Pierre l'Architecte, en mal d'inspiration, se fit aider par un petit homme arrivé sur le chantier par miracle. Cet homme proposa un contrat à Pierre : son aide pour terminer son étude sur l'élévation de la cathédrale contre la signature d'un parchemin qui spécifiait que l'âme et le corps de Pierre, une fois enterré, appartiendraient à cet homme. Pierre ne prit même pas la peine de lire ce document. Quelques années plus tard, notre architecte consigna dans son testament qu'il désirait être emmuré près de la sacristie et non pas porté en terre.

A la mort de Pierre Perrat, un grand jeune homme vint réclamer le corps. Saint Michel qui gardait la sépulture de l'architecte expliqua que la dépouille n'était pas enterrée mais emmurée. L'inconnu trembla et disparut dans l'atmosphère en laissant une forte odeur de soufre laissant deviner qui il était... le diable, bien sûr. Ne dit-on pas aujourd'hui que le diable, toujours en colère, rôderait encore autour de la cathédrale, ce qui provoquerait de nombreux courants d'air...Légende encore tenace de nos jours.

Encore mille mercis à tous, intervenants et participants, pour avoir contribué au succès de cette belle journée de découvertes.

A très bientôt.

CL

 

 
Photos : M. Jacquet